Kheir'arha
samedi 19 avril 2008 à 08h26
Le soleil était radieux. Il succédait à une légère pluie, rendant le paysage féerique à grand renfort d'arc-en-ciel. Mais à vue d'homme, quelque chose clochait dans ce paysage, il n'aurait su dire quoi mais il y avait quelque chose d'étrange. A vue d'elfe, l'étrange restait mais le mystère était dissipé. Au loin, sur un rocher, une ombre absorbait la beauté des lieux.
Cette ombre était un homme autrefois. Il fut ce qu'on appelait un génie. Sa capacité a assimiler n'importe quelles leçons l'avait rendu rapidement populaire auprès des imminents professeurs de sa région. Seulement, il ne se contentait pas de recracher simplement ses connaissances, il savait aussi tirer de nouvelles conclusions et même prouver l'erreur de certains grands savants (ils ne sont pas devenus ses amis). Et encore, s'il ne maîtrisait que la théorie, il n'aurait été qu'une célébrité de sa région. Hors, s'il maîtrisait parfaitement la théorie, ce n'était rien en comparaison de sa pratique. Il excellait dans ce domaine.
Les dirigeants, du village d'abord, puis de la région et finalement du royaume voyait en lui de quoi écrire une somptueuse légende. Ils se disaient qu'il ferait leur renommé dans le monde sans nom. Son histoire fut contée dans les contrées voisines. La légende de l'enfant rendant vie à une terre stérile à l'âge de cinq ans; Celle du garçonnet terrassant un troll enragés en invoquant la foudre du haut de ses neuf ans; Celle du jeune homme décimant une armée dans un océan de flammes ou celle du dompteur de dragons.
Tant de légendes, pour la plupart authentiques le rendirent célèbre. Il faisait l'objet de convoitises plus ou moins malsaines. Mais tant qu'il restait un brin puéril, il voyait ça comme un jeu.
Hélas, la partie toucha à sa fin.
C'était lors d'une nuit d'orage. Alors que le village dormait paisiblement, un mage nécromant se présenta aux portes sous l'identité d'un clochard. Les villageois ne furent pas dupes, ils connaissaient les rumeurs. La Mort Rôdeuse qu'on l'appelait. Ils savaient tous pour qui il venait...
L'histoire s'arrêta là.
Ce furent les derniers mots du scribe du village. Car de ce village, on ne découvrit que des maisons vides et des rues désertes. Pas un seul corps, pas une seule goutte de sang. Le génie disparu en ce jour, il y a de cela plusieurs siècles.
Et ce n'est récemment que cette légende a ressurgit grâce à un détail qu'on aurait dit insignifiant à l'époque, mais révélateur aujourd'hui. Le jeune prodigue avait en effet une particularité quand même citée dans sa légende: "...le jeune homme à l'innocent regard...de ses yeux d'enfants...". Malgré les années écoulées, cette particularité ne le quitta jamais. Il avait le regard d'un enfant.
Malheureusement, ce beau regard azur appartenait à un être redouté dans tous les royaumes traversés, répandant la mort sur son passage. Et ce n'était pas une métaphore...
Dans un rayon de très exactement 6.66 m autour de lui, la plus infime des vies trépassait. Une bactérie dans l'air, un rongeur sous terre, un insecte, un brin d'herbe ou encore un microbe, aucun d'eux ne survivait quand ils entraient dans la "zone". Le mystère était complet autour de ce phénomène.
On l'appelait Le Maudit.
Il était maintenant devant les portes de la cité à les regarder de ses yeux d'enfants, emmitouflé dans une longue cape noire.
Déjà un chien trop curieux s'était ajouté à ses victimes. Les gardes en postes étaient médusés devant le sillon que Le Maudit avait laissé derrière lui. Ils ne savaient comment réagir.
Le coucher du soleil approchait, bientôt les paysans rentreront de leurs champs. Combien de chances avaient-ils de ne pas engager la zone?
Kheir'arha
samedi 19 avril 2008 à 12h15
-Toi ici? Notre amie doit être vraiment désespérée!
C'était une voix féminine qui prononça ses paroles à l'intention du Maudit. Il connaissait bien cette voix, il connaissait bien cette elfe...
Oui, c'était bien une elfe. Sa légende n'était que très peu contée de par son originalité. Qui pouvait croire qu'une elfe soit à ce point tournée vers le mal et avoir autant de mépris pour la vie? Personne ne le voulait, mais ce n'était pas ça qui allait l'arrêter.
Sangwatàri était son nom, la perversion son domaine.
C'était une elfe d'une grande beauté. Une longue chevelure aux teintes mauves, une iris aux nuances violacées et des ongles de la même couleur omniprésente. Son visage était rayonnant et son corps n'avait pas un seul défaut, comme beaucoup de ses congénères.
Sensuelle et séductrice, nombreux sont les mâles qui n'ont su lui résister. Ils ont tous succombé sous son charme. Et pas qu'au sens figuré...
Car son charme était comme ses poisons, mortels. Elle en avait crée de toutes sortes, des paralysants, des euphorisants, des hallucinogènes et tant d'autres aux spécificités variées. Mais contrairement aux drogues qui avaient les mêmes propriétés, ses poisons menaient tous à la même issue. La mort.
Ses créations coulaient à travers ses veines, s'écoulaient de chacun des pores de sa peau, humidifiaient ses douces lèvres et suintaient de ses ongles en plus de toutes les armes qu'elle détenait. Un fouet, deux courtes lames recourbées, des couteaux de jet et une dague sertie de joyaux. Le diadème posé sur sa tête, sa barrette dans les cheveux et son ceinturon enserrant sa robe étaient autant d'objets imbibés. Nul ne pouvait la toucher sans y laisser la vie. Et encore, il faudrait qu'il parvienne à l'approcher...
Car, hormis les poisons traditionnels que l'on entend au sens propre, comme le gaz toxique l'encerclant, il en existe bien d'autre sous des formes différentes. Ce n'est pas du poison proprement dit, c'est plus un pouvoir de perversion. C'est à dire l'art de transformer la plus inoffensive des choses en véritable arme de mort. C'est le pouvoir de retourner la moindre attaque contre son exécuteur. C'est de ce champ gravitationnel qu'elle tire toute sa force. Pouvant le manier comme bon lui semble, elle peut prendre possession de n'importe quoi en théorie. D'une rose, il fanerait les pétales et épanouirait les épines; D'une colombe, il ne changerait rien, mais de cette confiance que lui font les gens, Sangwatàri l'utiliserait pour les approcher et son bec empoisonné leur donnerait la paix. Tout peut être pervertit. C'est une elfe après tout.
Le Maudit l'a regarda avec tout le mépris que son regard était capable de transmettre.
-Que j'aimerais réellement te serrer dans mes bras, gracieuse beauté!
-Je n'en doute pas un instant! Comme tu sais aussi que je donnerais cher pour t'embrasser mon pauvre enfant!
-Bien sûr!
Sangwatàri regarda le chien au pied du Maudit.
-Oh, serait-ce ton odeur la responsable de la mort de cette pauvre bête?
Regardant le chien, qu'il n'avait pas remarqué avant, il dirigea sa main sur la bête. Un rayon bleu marine s'en échappa et frappa le chien. L'animal se releva alors et vint se coller sur la cape du nécromant. La vie avait quitté les yeux du quadrupède, pourtant il se mouvait comme si elle l'habitait toujours, et il semblait même qu'il s'était fait un nouveau maître.
-Mort? Il me parait bien en forme pour moi!
-Toujours réponse à tout... Tu n'as pas changé depuis la dernière fois.
-Toi non plus Sangwatàri! Ton charme est toujours aussi...mortel!
Elle lui sourit. Se plaçant à distance respectable du Maudit, elle regarda elle aussi les portes. Un nouveau danger guettait les paysans, il y avait un nuage toxique sur un rayon de deux mètres autour de La Reine des Poisons.
Kheir'arha
dimanche 20 avril 2008 à 09h29
Du haut de la colline à l'instant, derrière nos deux invités la seconde d'après. Parlant de la même manière qu'il se déplace, il fit:
-Qu'attendez vous?
C'est Sangwatàri qui lui répondit.
-On attend La Flèche Noire! Mais vu à quelle heure tu es arrivé, ce ne doit pas être toi...
-Ah ah! Je serais arrivé à l'heure...mais je n'ai pu résister à la tentation d'un petit hameau! Tu me connais non?
-Hélas... Combien cette fois?
-A peine une trentaine!
-Et tu as tant de retard?!
-C'est ce foutu marmot qui braillait tout le temps! J'ai du fouiller et refouiller c'te foutu village pour le faire taire!
-Quelle lâcheté! A quand tu t'en prendras à un homme ou à un drow?
-Quand ils se mettront à brailler! ahahah
-Idiot...
Rapide qualifierait la vitesse d'une tortue, très rapide celle d'un guépard, extrêmement rapide celle de La Flèche Noire.
Drow hors-pair dans le maniement des armes blanches et grand expert dans le massacre en masse, il s'est rapidement fait un nom dans le domaine de l'extermination. C'est essentiellement grâce à sa grande vélocité que sa réputation est née.
Il va si vite qu'il n'est même pas tenu par les lois de la physique. Le temps et l'espace n'ayant plus aucun contact avec lui. C'est à dire que lors de ses courses, le temps ne s'écoule plus et la matière ne le stoppe pas. Il traverse murs et montagnes sans le moindre effort.
Il aurait pu être un bon sujet d'étude s'il ne gardait pas le secret de ce pouvoir, mais il ne l'entend pas de cette oreille. Sa passion pour les meurtres à grande échelle lui prenant tout son temps.
Quand à son nom, il ne vient pas de la couleur de sa race, car personne ne l'a encore vu en action, mais plutôt du fait qu'il avertit toujours d'une flèche noire son passage dans l'heure suivante. Une légende dit même que cette marque est une indication pour La Mort...
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